Histoire du Clos du Veneur : du Moyen Âge à aujourd’hui

Franchir le seuil du Clos du Veneur, c’est s’offrir un merveilleux voyage au cœur de l’histoire de la Normandie.

Les origines vikings de la Normandie

Le fils de Charlemagne, Louis Ier, dit le Pieux, lui succède en 814. Seul fils légitime survivant, il hérite de l’ensemble de l’empire. Son règne n’est cependant pas de tout repos, notamment en raison des révoltes de ses propres fils et des raids des Vikings qui viennent semer troubles et désordres en France.

Les historiens estiment que les premiers raids des « Hommes du Nord » ou « Nortmanni » en terres franques ont lieu à la toute fin du VIIIe siècle, alors que Charlemagne est encore en vie. Ces Vikings ne cherchent pas à s’approprier des territoires mais veulent s’emparer des richesses des abbayes, villes et seigneuries, ou capturer des personnalités importantes afin de les échanger contre des rançons. Les plus démunis ne sont cependant pas épargnés, puisqu’ils sont réduits en esclavage.


Leurs raids sont rapides et meurtriers. Habiles navigateurs, ils parviennent à remonter les fleuves afin d’atteindre rapidement les villes et les attaquer par surprise. Si, au début, ils s’en prennent aux régions côtières, leurs incursions se font de plus en plus loin à l’intérieur des terres.

Vers le milieu du IXe siècle, les ambitions des Vikings changent. Ils ont le projet d’installer des colonies au sein du royaume franc. Paris est assiégée à plusieurs reprises. En effet, le pays souffre à la fois d’une économie à l’agonie et d’une grande insécurité due à la multiplication des raids normands.

En 911, la signature du « Traité de Saint-Clair-sur-Epte » marque la naissance du Comté de Normandie dirigé par Rollon qui prend le titre de Jarl des Normands.


Le Mesnil-Jourdain

Le Mesnil-Jourdain n’est mentionné pour la première fois qu’en 1190 sous la forme Maisnilum Jordani.
Les toponymes avec le mot Mesnil sont assez fréquents pour les XIe et XIIe siècles. En revanche le nom Jordani n’est employé qu’à partir du début du XIIe siècle suite à la première croisade. Ce nom d’homme viendrait du fleuve Jourdain.

En 1190, Geoffroy du Mesnil, seigneur du Mesnil-Jourdain, fait construire un château dont il ne subsiste aujourd’hui que la motte féodale, entourée de douves sèches.

Non loin de là, au lieu-dit de Cavoville, s’étendaient les terres de l’ancienne famille chevaleresque des Le Veneur, dont Le Clos du Veneur perpétue aujourd’hui le nom.

mesnil-jourdain

La famille Le Veneur à Cavoville

Dès le Moyen Âge, Cavoville appartient à la maison Le Veneur, une ancienne famille noble normande. Son nom rappelle la fonction de veneur, maître de la chasse chargé des chasses seigneuriales. Les Le Veneur possèdent plusieurs seigneuries, dont Le Homme, Valquier, Saint-Élier et Cavoville. Pendant plusieurs siècles, la seigneurie se transmet de Jean Ier à Jean VIII Le Veneur. Leur blason – d’argent à la bande d’azur chargée de trois croix d’or – reste le plus ancien témoignage de leur présence à Cavoville.

Jean IV, Grand Veneur

Au XIIIe siècle, Jean IV Le Veneur est nommé Grand Veneur du Roi par Philippe IV le Bel. Responsable des chasses royales et des forêts du royaume, il appartient à l’entourage du pouvoir. À cette époque, les forêts du Mesnil-Jourdain et de Cavoville accueillent de grandes chasses où se retrouvent nobles et officiers royaux. La tradition rapporte qu’Enguerrand de Marigny, ministre de Philippe le Bel, y fut reçu. En 1302, Jean IV trouve la mort à la bataille de Courtrai, l’une des grandes batailles du Moyen Âge.
 

La guerre de Cent Ans

En 1415, Jean VIII Le Veneur tombe à la bataille d’Azincourt face à l’armée anglaise. Malgré ces pertes, la famille conserve son prestige et étend ses possessions en acquérant, par alliances et héritages, les seigneuries de Tillières et de Carrouges. Pendant plusieurs siècles, Cavoville reste une petite seigneurie rurale, étroitement liée au Mesnil-Jourdain, dont elle partage l’histoire et les liens féodaux, la vie s’organisant autour des terres, des forêts et des saisons de cette campagne normande.

La Révolution à 1826

La Révolution française met fin aux droits seigneuriaux et Cavoville devient une commune indépendante. Sous le Consulat puis l’Empire, les biens de l’Église sont vendus comme propriétés nationales dans toute la Normandie. L’église de Cavoville est démontée pierre par pierre, comme douze autres dans le district de Louviers. Enfin, dans le cadre de la réorganisation administrative voulue par l’État, Cavoville est rattachée au Mesnil-Jourdain en 1826, mettant un terme à son existence comme commune indépendante.