Pourquoi « Le Clos du Veneur » ?

On nous pose souvent la question à l’arrivée. Un veneur, qu’est-ce que c’est ? Et pourquoi ce nom pour une maison normande ? La réponse tient en huit siècles d’histoire, et elle commence juste ici, sur cette terre.

Le maître de la chasse

Au Moyen Âge, le veneur est celui qui conduit la chasse. Il mène les chiens, organise les battues, accompagne les seigneurs dans les grandes forêts. Ce n’est pas un métier subalterne : à une époque où la chasse est à la fois un art et une démonstration de puissance, cette charge vaut honneur et influence.

Une famille en a fait son nom : les Le Veneur. Et Cavoville comptait parmi leurs terres, aux côtés du Homme, de Valquier et de Saint-Élier.

Jusqu’à la cour du roi

Au XIIIe siècle, l’un d’eux franchit un cap. Jean IV Le Veneur est nommé Grand Veneur du Roi par Philippe IV le Bel : le voilà maître des chasses royales et gardien des forêts du royaume.

Les bois qui entourent Le Mesnil-Jourdain accueillent alors de grandes chasses, où se croisent nobles et officiers de la couronne. La tradition rapporte qu’Enguerrand de Marigny, ministre de Philippe le Bel, y fut reçu.

L’histoire, comme souvent, finit mal : Jean IV tombe à la bataille de Courtrai en 1302. Un siècle plus tard, Jean VIII périt à Azincourt. La famille, elle, tient bon, et étend même ses possessions.

De la seigneurie au lieu-dit

Cavoville reste ensuite ce qu’elle a toujours été : une petite seigneurie rurale, des champs, des bois, une église.

La Révolution abolit les droits seigneuriaux et en fait une commune indépendante. Mais l’indépendance sera courte. L’église est vendue comme bien national puis démontée pierre par pierre, et en 1826, Cavoville est rattachée au Mesnil-Jourdain.

Il n’en reste aujourd’hui qu’un nom de lieu-dit, un nom de rue — et celui de notre maison.

Un blason pour seule trace

De cette famille, il subsiste un blason : d’argent à la bande d’azur chargée de trois croix d’or. C’est le plus ancien témoignage de leur présence ici.

Nous n’avons rien inventé en nommant cette maison. Nous avons simplement repris ce que la terre portait déjà.